vendredi 3 novembre 2017

entre noir de fumée et jaune de chrome

je ne veux pas savoir
ton ventre béant ni ta douleur cuivrée
je ne veux pas savoir
par qui par quoi comment ou pourquoi

je ne veux pas savoir

je veux
voir

sans yeux sans regard
de mon âme à la tienne

je veux
voir

sans filtre
cet éclat vibrant
vibrant de tes yeux à tes mots

je veux
voir

sans fin
ta vie en furie
passer du noir de fumée au jaune de chrome

je veux m’immerger sans peur
dans tes mers de cobalt
n’en sortir que le soir venu
pour sentir sur ma peau
l’or flamboyant
de tes soleils couchants

je veux voler libre
dans tes ciels d’azur infinis
embrasser l’immensité
de tes nuits étoilées
puis te regarder chercher la lumière
sur la terrasse d’un café

je ne veux pas savoir
Vincent

tout entière perdue
dans un souffle d’aurores boréales

je te vois

mardi 10 octobre 2017

out of the blue

la clarté de toi
naît en moi
par-delà l’esprit

fragments de soleil
dispersés à la surface des eaux
ciel étoilé en plein midi

elle est

c’est tout


samedi 20 mai 2017

pour une ombre

ce n’est pas vrai
tout ce qu’ils disent
parfois on peut jeter aux oubliettes
larmes et chagrin

ça
c’est vrai

mais parfois ils vous collent à la peau
deviennent votre ombre de plein soleil
votre double de naufrage

ce n’est pas rien
un double de naufrage

ça flotte quand on se noie
et vice-versa

entre deux eaux sous un plein ciel bleu
gluant
collant
l’ombre refuse les oubliettes
impossible
de s’en défaire

alors vous voilà au corps à corps avec l’ennui
la nuit le jour
impossible de marcher seul

mais marcher
il le faut
car l’ombre pèse de tout son poids
sur l’âme à l’arrêt
et l’étouffe

alors on reprend la marche
jusqu’à la prochaine halte

petit à petit pourtant
certains
s’y font
c’est vrai aussi

deviennent même amis
à la vie à la mort

à la mort
surtout

car l’amour seul
parfois
ne suffit pas
c'est comme ça

mardi 28 février 2017

au loin

je suis au loin

mon âme
est restée dans les verts
et les brumes
dans les hurlements des vents
et les grondements des vagues

je suis née sauvage
là-bas

j’ai dormi
lovée dans la fureur des éléments

j’ai saisi les roches déchirées
pour me taillader les veines
je suis morte cent fois
d’extase
et suis ressuscitée d’une gorgée de Whiskey

ou de quelques-unes

°

je suis rentrée au pays
à moitié seulement
ou peut-être
même pas

je suis loin de tout
loin d’ici et loin de là-bas
loin de toi et loin de moi
le silence est descendu sur mes cheveux
il a ruisselé sur mes épaules a pénétré ma peau
je suis caverne se languissant de la mer
je suis rocher amoureux du coquillage

j’oublie de lire
et de dire

je suis perdue dans les couleurs
dans les sons

tu me manques
les océans sont trop vastes et nombreux
parfois je te cherche encore en même temps que je me cherche
parfois je meurs de ne plus 
te
me
nous
chercher

le romarin
branche sèche après branche sèche
est mort lui aussi
d’avoir trop vécu

les tournesols ont fleuri
de toutes petites fleurs
très
très hautes
comme usées
à chercher trop longtemps
un soleil disparu

c’est peut-être ainsi
- on a gradient to vanishing -
que les âmes et les âmes
vont et viennent

viennent et vont

dans le chatoiement des micas

°
dans l’humus de nos peaux compostées
on se nourrit
on s’abreuve

on porte fruit

cachant en nos cœurs
sous notre peau luisante
et notre chair sucrée

le germe du silence







dimanche 15 novembre 2015

à la nuit noire

la nuit est déjà si noire
et tu n’es pas rentré

amour ton silence porte en lui
ma blessure

je ne cesse
de chercher
ton nom de vivant
parmi les images et les noms
des morts

amour dis-moi quand
comment saurai-je
si avec toi

je suis morte
hier


lundi 9 mars 2015

rendez-vous

mémoire affleurant
à la surface des eaux
flotte flotte
flottant
le corps
périscope endémique 
à l’affût de zèbres 
rassemblés
venus étancher
leur soif
soif assoiffés
à la tombée du jour
les mains 
en coupe 
débordantes
je ne puis 
puis
puiser plus 
d’une douleur à la fois

tigre

blanc

je t’attends





jeudi 26 février 2015

autre quête

il dit
c’est la mort peut-être
qui sur ta tête tes épaules
dresse son chapiteau de marbre

elle dit
c’est ton corps peut-être
qui la cherche la frôle la trouve
et s’endort avant toi

une fois la nuit tombée
qui la relèvera